Nombres complexes : forme algébrique

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Ensemble \(\ \mathbb{C}\ \) des nombres complexes

Forme algébrique d’un nombre complexe

Il existe un ensemble de nombres appelé nombres complexes et noté \(\mathbb{C}\) tel que :

  • L’ensemble des réels \(\mathbb{R}\) est inclus dans \(\mathbb{C}\).
  • Il existe un nombre complexe, noté \(i\), et tel que \(i^2=-1\).
  • L’addition et la multiplication des réels se prolonge « naturellement » dans l’ensemble des complexes.
  • Pour tout nombre complexe \(z\), il existe un unique couple de réels \((a,b)\) tel que \(z=a+ib\).
Exemple : \(2+3i\), \(7i\), \(\sqrt{5}\), \(\dfrac{1}{2}-\dfrac{4}{5}i\) sont des nombres complexes.

L’addition et la multiplication des nombres réels se prolongent naturellement pour les nombres complexes. Le nombre \(i\) joue le rôle de facteur. Il ne faut toutefois pas oublier que \(i^2=-1\), notamment pour la multiplication. Ainsi, on peut développer, factoriser, et l’on retrouve évidemment les identités remarquables.

Exemple : Soit \(z=2+5i\) et \(z’=1-3i\). Alors \(z +z’= 2+5i+1-3i=3+2i\) et
\[zz’ = (2+5i)(1-3i)=2 \times 1 + 5i \times 1 + 2 \times (-3i) + 5i \times (-3i)=2+5i-6i -15i^2=17-i.\]
Enfin, \(z^2 = (2+5i)^2=4^2+2\times 2 \times 5i + (5i)^2 = 16+20i-25=-9+20i\).
Cliquer pour s’entraîner : forme algébrique d’une somme ou d’un produit

Soit \(a\) et \(b\) deux réels et \(z=a+ib\). On a \(z=0\) si et seulement si \(a=0\) et \(b=0\).
D’une part, si \(a=b=0\), alors \(z = 0 + i0 = 0\).

Réciproquement, supposons que \(z=0\), c’est-à-dire \(a+ib=0\).

Nous allons raisonner par l’absurde pour montrer que nécessairement, \(a\) et \(b\) valent tous deux 0. Pour cela, nous allons supposer le contraire et aboutir à une absurdité, ce qui nous permettra de conclure que l’hypothèse faite au départ était fausse.

Supposons donc que soit \(a\), soit \(b\) ne soit pas nul.

  • Si \(b=0\), puisque \(a+ib=0\), on obtient également que \(a=0\), ce qui est contraire à ce que nous avons supposé. Ainsi, on a forcément \(b \neq 0\).
  • Si \(b\neq 0\), alors, puisque \(a+ib=0\), on a donc \(i=-\dfrac{a}{b}\). \(i\) serait donc le quotient de deux nombres réels, et serait donc lui aussi un réel. C’est absurde.

Ainsi, \(a=b=0\).

Soit \(a\), \(a’\), \(b\) et \(b’\) quatre réels. Alors \(a+ib=a’+ib’\) si et seulement si \(a=a’\) et \(b=b’\).
On a en effet \(a+ib=a’+ib’\) si et seulement si \(a-a’+i(b-b’)=0\). D’après le premier point, c’est équivalent à dire que \(a-a’=0\) et \(b-b’=0\).

Finalement, \(a+ib=a’+ib’\) si et seulement si \(a=a’\) et \(b=b’\).

Partie réelle et partie imaginaire d’un nombre complexe

Nous venons donc de démontrer que l’écriture \(z=a+ib\) d’un nombre complexe \(z\) est unique. On peut donc définir la partie réelle et la partie imaginaire d’un nombre complexe.

Soit \(z\) un nombre complexe. Il existe un unique couple de réels \((a,b)\) tel que \(z=a+ib\).

  • \(a\) est appelée partie réelle de \(z\), notée \(Re(z)\).
  • \(b\) est appelée partie imaginaire de \(z\), notée \(Im(z)\).
  • L’écriture \(z=a+ib\) est la forme algébrique de \(z\).
Soit \(z\) et \(z’\) deux nombres complexes. Alors

  • \(Re(z+z’)=Re(z)+Re(z’)\) et \(Im(z+z’)=Im(z)+Im(z’)\) ;
  • \(Re(zz’)=Re(z)Re(z’)-Im(z)Im(z’)\) et \(Im(zz’)=Re(z)Im(z’)+Im(z)Re(z’)\).
Soit \(z\) et \(z’\) deux nombres complexes. Notons \(z=a+ib\) et \(z’=a’+ib’\) avec \(a\), \(b\), \(a’\) et \(b’\) des réels.

On a \(z+z’=(a+ib)+(a’+ib’)=(a+a’)+i(b+b’)\).

Ainsi, \(Re(z+z’)=a+a’=Re(z)+Re(z’)\) et \(Im(z+z’)=b+b’=Im(z)+Im(z’)\).
Par ailleurs,
\[zz’=(a+ib)(a’+ib’)=aa’+iab’+ia’b+i^2bb’=aa’-bb’+i(ab’+a’b).\]
Ainsi, \(Re(zz’)=aa’-bb’=Re(z)Re(z’)-Im(z)Im(z’)\) et \(Im(zz’)=ab’+a’b=Re(z)Im(z’)+Im(z)Re(z’)\).

Soit \(z\) un nombre complexe.

  • \(z\) est un nombre réel si et seulement si sa partie imaginaire est nulle.
  • Si \(Re(z)=0\), on dit que \(z\) est un nombre imaginaire pur. On note \(z \in i\mathbb{R}\).
Exemple : \(2i\) est un nombre imaginaire pur.

Résolution d’équations dans \(\ \mathbb{C}\ \)

L’unicité de l’écriture d’un nombre complexe sous forme algébrique permet de résoudre des équations dans \(\mathbb{C}\).

Exemple : Résoudre l’équation \((E)\,:\,2z+i-3=5i+4z-7\), d’inconnue \(z \in \mathbb{C}\).

Soit \(z \in \mathbb{C}\). On a
\[2z+i-3=5i+4z-7 \Leftrightarrow 2z-4z = 5i – 7 +3 – i \Leftrightarrow -2z = -4 +4i \Leftrightarrow z = 2 – 2i\]
Ainsi, l’ensemble des solutions est \(S=\{2-2i\}\).

Nous pouvons donc résoudre des équations dans \(\mathbb{C}\) en utilisant les mêmes méthodes que pour les équations dans \(\mathbb{R}\), à la différence que l’on peut avoir des solutions qui ne sont pas réelles. Il est également possible de poser \(z=a+ib\) et d’identifier les parties réelles et imaginaires de chaque membre de l’équation.

Toutefois, il est important de garder à l’esprit que l’on ne peut pas comparer deux nombres complexes. Il n’existe pas de relation d’ordre sur \(\mathbb{C}\). On ne résout donc pas d’inéquations dans \(\mathbb{C}\).

Conjugué d’un nombre complexe

Définition et propriétés

Soit \(a\) et \(b\) deux réels et \(z=a+ib\).

Le conjugué de \(z\) est le nombre complexe noté \(\overline{z}\) et qui vaut \(\overline{z}=a-ib\).

Exemple : Le conjugué de \(7+3i\) est \(7-3i\). Le conjugué de \(2i\) est \(-2i\).
Soit \(z \in \mathbb{C}\).

  • \(z\) est réel si et seulement si \(\overline{z}=z\) ;
  • \(z\) est imaginaire pur si et seulement si \(\overline{z}=-z\).
Premier point : Soit \(z=a+ib\) avec \(a\) et \(b\) des réels. On a donc \(\overline{z}=a-ib\).

  • Si \(z=\overline{z}\), alors \(a+ib=a-ib\) ce qui implique que \(2ib=0\) et donc \(b=0\). \(z\) est donc réel.
  • Si \(z\) est réel, alors \(b=0\). Ainsi, \(z=a\) et \(\overline{z}=a\). On a bien \(z=\overline{z}\).

La démonstration du deuxième point fait l’objet d’un exercice.

Soit \(z\) et \(z’\) deux nombres complexes. On a les propriétés suivantes :
\[\overline{\overline{z}} = z \qquad \qquad \overline{z+z’}=\overline{z}+\overline{z’} \qquad \qquad \overline{zz’}=\overline{z}\times \overline{z’}\]
Soit \(z\) et \(z’\) deux complexes. Soit \(a\), \(b\), \(a’\) et \(b’\) quatre réels tels que \(z=a+ib\) et \(z’=a’+ib’\).

On a \(\overline{\overline{z}} = \overline{a-ib}=a-(-ib)=a+ib=z\).

Par ailleurs, \(\overline{z+z’} = \overline{a+ib+a’+ib’}=\overline{a+a’+i(b+b’)}=a+a’-i(b+b’)=a-ib+a’-ib’=z-z’\).

Pour montrer la propriété sur le produit, on raisonne en deux temps.

  • D’une part, \[\overline{z} \times \overline{z’}=(a-ib)(a’-ib’)=aa’-iab’-ia’b+i^2bb’=aa’-bb’-i(ab’+a’b).\]
  • D’autre part, \[zz’=(a+ib)(a’+ib’)=aa’+iab’+ia’b+i^2bb’=aa’-bb’+i(ab’+a’b).\]

On a bien \(\overline{zz’}=\overline{z}\times \overline{z’}\).

Soit \(z\) un nombre complexe et \(n\) un entier naturel non nul. Alors \(\overline{z^n}=\overline{z}^n\).
Soit \(z\) un nombre complexe. Nous allons démontrer cette propriété par récurrence.

Pour tout entier naturel non nul \(n\), on considère la proposition \(\mathcal{P}(n)\) : « \(\overline{z^n}=\overline{z}^n\) ».

  • Initialisation : Pour \(n=1\), on a \(\overline{z^1}=\overline{z}=\overline{z}^1\). \(\mathcal{P}(1)\) est vraie.
  • Hérédité : Soit \(n\) un entier naturel non nul. Supposons que \(\mathcal{P}(n)\) est vraie. On a donc \(\overline{z^n}=\overline{z}^n\).

    Or, \(\overline{z^{n+1}}=\overline{z^n \times z}\). La propriété précédente nous assure donc que \(\overline{z^{n+1}}=\overline{z^n} \times \overline{z}\).

    Or, par hypothèse de récurrence, \(\overline{z^n}=\overline{z}^n\).

    Ainsi, \(\overline{z^{n+1}}=\overline{z}^n \times \overline{z}=\overline{z}^{n+1}\). \(\mathcal{P}(n+1)\) est donc vraie.

  • Conclusion : Par récurrence, \(\mathcal{P}(n)\) est vraie pour tout entier naturel non nul \(n\).
Soit \(z\) un complexe. Soit \(a\) et \(b\) deux réels tels que \(z=a+ib\). Alors
\[z\overline{z}=a^2+b^2.\]
On a en effet
\[(a+ib)(a-ib)=a^2-(ib)^2=a^2-i^2b^2=a^2+b^2.\]

Résolution d’équation en \(\ z\ \) et \(\ \overline{z}\ \)

Lorsque des équations font intervenir \(z\) et \(\overline{z}\), il est préférable d’écrire ces nombres sous forme algébrique, puis d’identifier les parties réelles et imaginaires de chaque membre de l’équation.

Exemple : On souhaite résoudre l’équation \((E) \,: \,2z + 3i -5 = 3i\overline{z}-2i+5\), d’inconnue \(z \in \mathbb{C}\).

On pose alors \(z=a+ib\). On a donc \(\overline{z}=a-ib\). Ainsi,

\begin{eqnarray*}
2z + 3i -5 = 3i\overline{z}-2i+7 & \Leftrightarrow & 2(a+ib)+3i-5=3i(a-ib)-2i+5 \\
& \Leftrightarrow & 2a+2ib+3i-5=3ia+3b-2i+5=0 \\
& \Leftrightarrow & 2a-3b-5-5 +i(2b+3-3a+2)=0 \\
& \Leftrightarrow & 2a -3b-10 + i (2b-3a+5)=0
\end{eqnarray*}
Or, un complexe est nul si et seulement si sa partie réelle et sa partie imaginaire sont nulles. On obtient donc le système suivant.
\[(E) \quad \Leftrightarrow \quad \left\{\begin{array}{rcl}
2a -3b-10 &=& 0\\
-3a+2b+5 &=& 0
\end{array}\right.\]

On peut alors résoudre ce système avec la méthode de son choix. Par exemple, en procédant par combinaison. On multiplie la première ligne par 3 et la deuxième par 2.
\[(E) \quad \Leftrightarrow \quad\left\{\begin{array}{rcl}
6a -9b-30 &=& 0\\
-6a+4b+10 &=& 0
\end{array}\right.\]

On remplace \(L_2\) par \(L_2+L_1\)
\[(E) \quad \Leftrightarrow \quad\left\{\begin{array}{rcl}
6a -9b-30 &=& 0\\
-5b-20 &=& 0
\end{array}\right.\]

On obtient donc
\[(E) \quad \Leftrightarrow \quad\left\{\begin{array}{rcl}
6a -9\times (-4)-30 &=& 0\\
b &=& -4
\end{array}\right. \Leftrightarrow \quad\left\{\begin{array}{rcl}
6a +6 &=& 0\\
b &=& -4
\end{array}\right. \Leftrightarrow \quad\left\{\begin{array}{rcl}
a &=& -1\\
b &=& -4
\end{array}\right.\]
On a donc \(S=\{ -1-4i\}\).

Division dans \(\ \mathbb{C}\ \)

Jusqu’à présent, nous avons vu que l’addition, la soustraction et la multiplication s’étendent naturellement à l’ensemble \(\mathbb{C}\). En appliquant les règles de calcul usuelles, le résultat de ces opérations s’exprime facilement sous forme algébrique.

L’extension de la division soulève en revanche une difficulté : que signifie diviser par un nombre complexe comme \(2+3i\) ? Cette division aboutit-elle à un complexe ? Si oui, comment l’exprimer sous forme algébrique ?

Pour contourner ce problème, il faut se ramener à une notion fondamentale. Dans l’ensemble des nombres réels, diviser par un nombre non nul revient simplement à multiplier par son inverse. Nous allons adopter exactement la même démarche dans \(\mathbb{C}\) : avant de pouvoir définir le quotient de deux nombres complexes, il nous faut d’abord prouver que tout nombre complexe non nul possède un inverse par rapport à la multiplication.

Inverse d’un complexe

Soit \(z\) un nombre complexe non nul. Il existe un unique complexe \(z’\) tel que \(zz’=z’z=1\).
Soit \(z\) un complexe non nul. Soient \(a\) et \(b\) les deux réels tels que \(z = a+ib\) un nombre complexe non nul.

Puisque \(z \neq 0\), les réels \(a\) et \(b\) ne sont pas simultanément nuls, ce qui garantit que \(a^2+b^2 \neq 0\).

Soit \(z’\) un complexe. Soient \(x\) et \(y\) les deux réels tels que \(z’=x+iy\). Alors

\[(E)\,:\,zz’=1 \Leftrightarrow (a+ib)(x+iy) = 1 \Leftrightarrow (ax-by) + i(bx+ay) = 1 + 0i.\]

Deux nombres complexes sont égaux si et seulement si leurs parties réelles et imaginaires sont égales. On obtient donc le système linéaire suivant, d’inconnues \(x\) et \(y\) :
\[(E) \quad \Leftrightarrow \quad \left\{\begin{array}{rcl}
ax – by &=& 1 \quad (L_1)\\
bx + ay &=& 0 \quad (L_2)
\end{array}\right.\]
Distinguons alors trois cas :

  • Si \(b=0\), on a alors \(a\neq 0\). Ainsi \((E) \Leftrightarrow x= \dfrac{1}{a}\text{ et } y =0\).
    L’unique inverse de \(z=a\) est donc \(\dfrac{1}{a}\) (on retrouve ici le cas réel).
  • Si \(a=0\), on a alors \(b \neq 0\). Ainsi, \((E)\Leftrightarrow x=0\text{ et } y =-\dfrac{1}{b}\).
    L’unique inverse de \(z=ib\) est donc \(-\dfrac{1}{b}i\).

On suppose désormais que \(a\neq 0\) et \(b\neq 0\).

Puisque \(a \neq 0\) et \(b \neq 0\), on peut multiplier \(L_1\) par \(a\) et \(L_2\) par \(b\) en conservant l’équivalence stricte du système :
\[ (E) \quad \Leftrightarrow \quad \left\{\begin{array}{rcl}
a^2x – aby &=& a \quad (L_1′)\\
b^2x + aby &=& 0 \quad (L_2′)
\end{array}\right. \]

On remplace la première ligne par la somme des deux lignes (\(L_1′ \leftarrow L_1′ + L_2’\)), ce qui conserve l’équivalence :
\[ (E) \quad \Leftrightarrow \quad \left\{\begin{array}{rcl}
(a^2+b^2)x &=& a \\
b^2x + aby &=& 0
\end{array}\right. \]

Puisque \(a^2+b^2 \neq 0\), on peut isoler \(x\) dans la première ligne, puis substituer cette expression dans la seconde :
\[ (E) \quad \Leftrightarrow \quad \left\{\begin{array}{rcl}
x &=& \dfrac{a}{a^2+b^2} \\[1em]
b^2 \times \left( \dfrac{a}{a^2+b^2} \right) + aby &=& 0
\end{array}\right. \quad \Leftrightarrow \quad \left\{\begin{array}{rcl}
x &=& \dfrac{a}{a^2+b^2} \\[1em]
aby &=& – \dfrac{ab^2}{a^2+b^2}
\end{array}\right. \]

Puisque \(a \neq 0\) et \(b \neq 0\), on peut diviser la deuxième ligne par \(ab\) :
\[ (E) \quad \Leftrightarrow \quad \left\{\begin{array}{rcl}
x &=& \dfrac{a}{a^2+b^2} \\[1em]
y &=& – \dfrac{b}{a^2+b^2}
\end{array}\right. \]

Le système admet donc un unique couple solution. Il existe ainsi un unique nombre complexe \(z’\) tel que \(zz’=1\), qui est :
\[ z’ = \dfrac{a}{a^2+b^2} – i\dfrac{b}{a^2+b^2} \]

Soit \(z\) un complexe non nul.
L’unique complexe \(z’\) tel que \(zz’=1\) est appelé inverse de \(z\) et est noté \(\dfrac{1}{z}\) ou \(z^{-1}\).
Exemple :
Déterminons l’inverse du nombre complexe \(z = 1+2i\).
En appliquant la formule démontrée précédemment, on obtient :
\[\dfrac{1}{1+2i} = \dfrac{1}{1^2+2^2} – i\dfrac{2}{1^2+2^2} = \dfrac{1}{5} – \dfrac{2}{5}i\]
On peut par ailleurs vérifier que \((1+2i)\left(\dfrac{1}{5} – \dfrac{2}{5}i\right) = 1\).

Dans la pratique, on n’utilise presque jamais la formule de l’inverse telle quelle pour calculer un quotient.

En observant l’expression de l’inverse trouvée dans la démonstration (\(z’ = \dfrac{a}{a^2+b^2} – i\dfrac{b}{a^2+b^2}=\dfrac{a-ib}{a^2+b^2}\)), on remarque que le numérateur correspond exactement au conjugué \(\overline{z} = a-ib\), et le dénominateur correspond au produit \(z\overline{z} = a^2+b^2\) (qui est un nombre réel positif).

On a en réalité \(\dfrac{1}{z} = \dfrac{\overline{z}}{z\overline{z}}\) (ce quotient est bien défini puisque le dénominateur est un réel strictement positif).

Quotient de deux complexes

Soit \(z\) un complexe et \(z’\) un complexe non nul.

On définit le quotient de \(z\) par \(z’\) par \(\dfrac{z}{z’}=z \times \dfrac{1}{z’}\).

Dans la pratique, pour exprimer un quotient sous forme algébrique, on utilise la remarque précédente.

Puisque \(\dfrac{1}{z’} = \dfrac{\overline{z’}}{z’\overline{z’}}\), l’opération de division revient à écrire \(\dfrac{z}{z’} = z \times \dfrac{\overline{z’}}{z’\overline{z’}} = \dfrac{z\overline{z’}}{z’\overline{z’}}\).

Pour écrire un quotient sous forme algébrique, on multiplie donc le numérateur et le dénominateur par le conjugué du dénominateur.

Exemple : On souhaite exprimer \(\dfrac{4+3i}{3-i}\) sous forme algébrique.
Le dénominateur est \(3-i\), dont le conjugué est \(3+i\). On multiplie donc numérateur et dénominateur par \(3+i\).
\[ \dfrac{4+3i}{3-i}= \dfrac{(4+3i)(3+i)}{(3-i)(3+i)}=\dfrac{12+4i+9i+3i^2}{3^2-i^2}=\dfrac{12+13i-3}{9-(-1)}=\dfrac{9}{10}+\dfrac{13}{10}i.\]
Cliquer pour s’entraîner : forme algébrique d’un quotient

Exemple : On souhaite résoudre l’équation \(2z+3-i=(1+i)z-2+i\). Soit donc \(z \in \mathbb{C}\).
\begin{eqnarray*}
2z+3-i=(1+i)z-2+i & \Leftrightarrow & 2z-(1+i)z=-2+i-3+i \\
& \Leftrightarrow & (1-i)z = -5+2i \\
& \Leftrightarrow & z = \dfrac{-5+2i}{1-i}
\end{eqnarray*}

Or, \(\dfrac{-5+2i}{1-i}=\dfrac{(-5+2i)(1+i)}{(1-i)(1+i)}=\dfrac{-5-5i+2i-2}{1^2-i^2}=\dfrac{-7-3i}{2}=-\dfrac{7}{2}-\dfrac{3}{2}i.\)

L’unique solution de l’équation \(2z+3-i=(1+i)z-2+i\) est donc \(-\dfrac{7}{2}-\dfrac{3}{2}i\).

Soit \(z\) un complexe et \(z’\) un complexe non nul. Alors
\[ \overline{\left(\dfrac{1}{z’}\right)} = \dfrac{1}{\overline{z’}} \quad \text{et} \quad \overline{\left(\dfrac{z}{z’}\right)} = \dfrac{\overline{z}}{\overline{z’}}.\]
Soit \(z\) un complexe non nul.

D’après la propriété sur le produit des conjugués, on a \(\overline{z} \times \overline{\dfrac{1}{z}}=\overline{z \times \dfrac{1}{z}} = \overline{1}=1\) et donc
\(\overline{\left(\dfrac{1}{z}\right)} = \dfrac{1}{\overline{z}}\).

Par ailleurs, \(\overline{\left(\dfrac{z}{z’}\right)} = \overline{z \times \dfrac{1}{z’}} = \overline{z} \times \overline{\left(\dfrac{1}{z’}\right)}\)
d’après la proposition sur le conjugué du produit.

Mais alors, d’après la propriété précédemment démontrée, \(\overline{\left(\dfrac{z}{z’}\right)} = \overline{z} \times \dfrac{1}{\overline{z’}}= \dfrac{\overline{z}}{\overline{z’}}\).

Équations du second degré à coefficients réels

Soit \(a\) un réel strictement positif.

Les solutions de l’équation \(z^2=-a\) d’inconnue complexe \(z\) sont les complexes \(i\sqrt{a}\) et \(-i\sqrt{a}\).

Soit \(z\in\mathbb{C}\). On a en effet \(z^2+a=z^2-i^2\times a = z^2 – (i\sqrt{a})^2=(z-i\sqrt{a})(z+i\sqrt{a})\).

Ainsi, \(z^2+a=0\) si et seulement si \(z-i\sqrt{a}=0\) ou \(z+i\sqrt{a}=0\), d’où le résultat.

Exemple : Les solutions de l’équation \(z^2=-4\) sont \(2i\) et \(-2i\).

L’exemple que nous venons de voir est un peu simpliste mais permet de vous rafraîchir la mémoire. Passons donc aux choses sérieuses.

Soit \(a\), \(b\) et \(c\) des réels avec \(a\neq 0\). Soit \(P : z \mapsto az^2+bz+c\).

Notons \(\Delta = b^2-4ac\) le discriminant du polynôme \(P\).

  • Si \(\Delta >0\), alors \(P\) admet deux racines réelles distinctes : \(\dfrac{-b-\sqrt{\Delta}}{2a}\) et \(\dfrac{-b+\sqrt{\Delta}}{2a}\) ;
  • Si \(\Delta = 0\), alors \(P\) admet une racine réelle double : \(-\dfrac{b}{2a}\) ;
  • Si \(\Delta <0\), alors \(P\) admet deux racines complexes conjuguées : \(\dfrac{-b-i\sqrt{-\Delta}}{2a}\) et \(\dfrac{-b+i\sqrt{-\Delta}}{2a}\).
Écrivons \(P\) sous forme canonique. Pour tout complexe \(z\),
\[az^2+bz+c = a\left(z+\dfrac{b}{2a}\right)^2- \dfrac{\Delta}{4a} = a\left(\left(z+\dfrac{b}{2a}\right)^2- \dfrac{\Delta}{4a^2}\right).\]

  • Si \(\Delta > 0\), alors, pour tout complexe \(z\),
    \[az^2+bz+c = a\left(\left(z+\dfrac{b}{2a}\right)^2- \left(\dfrac{\sqrt{\Delta}}{2a}\right)^2\right) = a\left(z+\dfrac{b-\sqrt{\Delta}}{2a}\right)\left(z+\dfrac{b+\sqrt{\Delta}}{2a}\right).\]
    Ainsi, \(P\) possède deux racines réelles qui sont \(\dfrac{-b-\sqrt{\Delta}}{2a}\) et \(\dfrac{-b+\sqrt{\Delta}}{2a}\).
  • Si \(\Delta =0\), alors pour tout complexe \(z\), \(az^2+bz+c = a\left(z+\dfrac{b}{2a}\right)^2\). L’unique racine de \(P\) est \(-\dfrac{b}{2a}\).
  • Si \(\Delta <0\), alors \(-\Delta >0\). Ainsi, pour tout complexe \(z\),
    \[az^2+bz+c = a\left(\left(z+\dfrac{b}{2a}\right)^2+ \left(- \dfrac{\Delta}{4a^2}\right)\right)= a\left(\left(z+\dfrac{b}{2a}\right)^2- i^2 \times \left(\sqrt{\dfrac{-\Delta}{4a^2}}\right)^2\right).\]

    On se retrouve dans le même cas que dans la propriété précédente, et on procède donc de la même manière. Pour tout complexe \(z\),
    \[az^2+bz+c=a\left(\left(z+\dfrac{b}{2a}\right)^2- \left(\dfrac{i\sqrt{-\Delta}}{2a}\right)^2\right) = a\left(z+\dfrac{b-i\sqrt{-\Delta}}{2a}\right)\left(z+\dfrac{b+i\sqrt{-\Delta}}{2a}\right).\]
    Ainsi, \(P\) admet deux racines complexes conjuguées : \(\dfrac{-b-i\sqrt{-\Delta}}{2a}\) et \(\dfrac{-b+i\sqrt{-\Delta}}{2a}\).

Exemple : On cherche à résoudre l’équation \(2z^2+3z+5=0\).

Le discriminant du polynôme \(2z^2+3z+5\) vaut \(3^2-4\times 2 \times 5=-31<0\). L'équation \(2z^2+3z+5=0\) possède donc deux solutions : \(z_1=\dfrac{-3+i\sqrt{31}}{4}\) et \(z_2=\dfrac{-3-i\sqrt{31}}{4}\).

Remarque : La démonstration met en évidence la factorisation (dans \(\mathbb{C}\)) de tout polynôme de degré 2 à coefficients réels, peu importe la nature de leurs racines (réelles ou imaginaires).

Si \(z_1\) et \(z_2\) sont les deux racines du polynôme \(az^2+bz+c\), alors pour tout complexe \(z\), on a
\[az^2+bz+c=a(z-z_1)(z-z_2).\]

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